Datacenter et le stockage persistant

Par Pierre Aguerreberry, VP Sales EMEA de DataCore

Alors que le monde de l’entreprise ne parle que des nouvelles technologies à la mode, à savoir l’intelligence artificielle générative ou le quantique, force est de constater que l’informatique elle-même est toujours basée sur l’architecture de von Neumann, proposée en 1945 pour définir la façon dont les ordinateurs traitent et conservent les données ! Au cœur de ce cadre, le stockage persistant occupe une fonction primordiale, car il joue un rôle essentiel dans le pilotage des data centers actuels pour les déploiements dans l’edge, le core et dans le cloud. Des serveurs classiques aux machines virtuelles, en passant par les environnements conteneurisés, il sert de socle à la gestion des données, facilitant la transparence des opérations, l’intégrité des données et l’évolutivité. Un retour sur l’impact d’une technologie qui s’est imposée comme la base du stockage des données sécurisé aujourd’hui.

Comprendre le stockage persistant

Tout d’abord, il est important de rappeler ce qu’est le stockage persistant dans le contexte de l’architecture von Neumann. Dans ce modèle architectural, la mémoire volatile (RAM) sert d’espace de travail principal pour l’exécution des instructions du programme et le traitement des données. Toutefois, la nature transitoire de cette mémoire volatile nécessite un mécanisme permettant de conserver les données au-delà des cycles d’alimentation. C’est là qu’intervient le stockage persistant, qui comprend des technologies telles que les disques durs (HDD), les disques SSD (Solid State Drives) et les réseaux de stockage (SAN), qui peuvent stocker des données de manière persistante même en l’absence d’alimentation.

Optimiser les déploiements des appareils connectés

S’il y a un domaine dans lequel le stockage persistant joue un rôle central dans la capture et la conservation locale des données, c’est bien celui de l’edge computing (infrastructure informatique décentralisée visant à traiter les données à la périphérie du réseau, au plus près de leur source). Les appareils de périphérie doivent souvent faire face à des ressources informatiques limitées et à une connectivité sporadique. Un stockage persistant est alors indispensable pour préserver les données stratégiques jusqu’à ce que la synchronisation avec les référentiels de données centraux ait lieu. Qu’il s’agisse d’appareils connectés (IoT), de capteurs industriels ou de véhicules autonomes, c’est bien le stockage persistant qui garantit l’intégrité et la résilience des données dans l’edge.

Soutenir l’infrastructure des data centers

Au sein de l’infrastructure de base des data centers, le stockage persistant constitue la clé de voûte des systèmes de gestion de données. Il héberge les bases de données, les systèmes de fichiers et les données des applications. Les solutions de stockage hautes performances, notamment les réseaux de stockage (SAN), offrent un stockage fiable et évolutif pour les charges de travail stratégiques. Dans cet environnement centralisé, le stockage persistant facilite un accès transparent aux données pour diverses applications et services, garantissant ainsi la continuité des opérations et la disponibilité ininterrompue des données. 

Sécuriser les déploiements cloud

Enfin, le Cloud Computing s’appuie largement sur le stockage persistant pour fournir des services de stockage évolutifs et résilients à des utilisateurs du monde entier. Les fournisseurs de cloud exploitent les architectures de stockage distribuées pour garantir la redondance des données, la tolérance aux pannes et la haute disponibilité. Les services de stockage objet, bloc et fichier permettent aux utilisateurs de stocker et de récupérer efficacement de larges volumes de données et s’adaptent à un éventail de charges de travail allant de l’hébergement Web à l’analyse du Big Data. Le stockage persistant constitue la base des applications cloud natives. Il autorise l’utilisation de services avec état et la persistance des données dans les environnements cloud hybrides.

Nouveaux usages : les containers et les machines virtuelles

Dans les plus environnements conteneurisés et virtualisés, le stockage persistant revêt une importance accrue. Les containers et les machines virtuelles encapsulent les applications et leurs dépendances, facilitant ainsi la portabilité et l’évolutivité. Toutefois, sans un stockage persistant, ces instances risquent de perdre leur état au redémarrage ou à la migration. Les volumes persistants et les plateformes d’orchestration du stockage, telles que Kubernetes Persistent Volumes, fournissent un moyen de lier un stockage durable aux charges de travail conteneurisées, ce qui garantit la persistance des données et facilite les applications avec état.

Le stockage persistant est un véritable héros méconnu des data centers modernes, celui sur qui reposent la fiabilité, l’évolutivité et la résilience de l’infrastructure dans les déploiements dans l’edge, le core et dans le cloud. À mesure que nous continuerons à repousser les limites de l’informatique, l’importance du stockage persistant dans les data centers ne fera que croître, renforçant ainsi son statut de pilier certes historique mais toujours fondamental de l’infrastructure numérique.